L’utilisation d’armes chimiques en temps de guerre est condamnable !

Ces armes ont été utilisées en Syrie.

Par qui ?

Faut-il punir le pouvoir en place sans le renverser?

Si les Etats-Unis d’Amérique et la France déclarent la guerre à la Syrie, car il s’agira d’une déclarartion de guerre, comment expliquons-nous au monde que nous menons une guerre au Mali contre des rebelles islamistes et que nous les soutenons indirectement en Syrie ! Ces mêmes rebelles que le monde entier appelait après le 11 septembre 2001 : Al Qaïda !

Quelles sont les conséquences des « printemps arabes »?

N’a t-on pas vu l’émergence et l’arrivée au pouvoir de ces islamistes ?

 

Revenons à la Syrie. Voici quelques témoignages et articles que nous cachent les politiques et les médias dans le but guerroyer au Proche-Orient au risque de destabiliser davantage la région.

Mère Agnès-Mariam de la Croix : l’attaque au gaz est un coup monté

Le 6 septembre, Russia Today a publié un entretien avec Mère Agnès-Mariam de la Croix,
carmélite fondatrice et supérieure du monastère Saint-Jacques le Mutilé et de la
Maison d’Antioche en Syrie où elle vit depuis vingt ans. La religieuse y
affirme que les photos et les vidéos diffusées par des sources américaines sur
les conséquences des bombardements au gaz toxique de la zone de Ghouta en
périphérie de Damas le mercredi 21 août sont des forgeries
.

« J’ai attentivement étudié les séquences
[diffusées par les Américains], et j’en ferai une analyse écrite un peu plus
tard. Je soutiens que toute cette affaire est un coup monté. Cela a été
mis en scène et préparé à l’avance dans le but de cibler le gouvernement syrien
comme son auteur
. La preuve clé c’est que Reuters a rendu public ces
séquences à 6 h 05 du matin. On dit que l’attaque chimique aurait été lancée
entre 3 h et 5 h du matin à Ghouta. Comment est-il même possible de rassembler
une dizaine de séquences différentes, d’avoir plus de 200 enfants et 300 jeunes
gens rassemblés en un seul endroit, de leur apporter les premiers secours et de
filmer des entretiens avec eux, tout cela en moins de 3 h ? Est-ce que tout cela
est réaliste ? Puisque vous êtes des gens qui travaillent dans l’information,
vous savez le temps que tout cela a du prendre. Les corps des enfants et des
adolescents que nous voyons dans la séquence, qui sont-ils ? Qu’est-ce qui leur
est arrivé ? Sont-ils vraiment morts ? Et comment cela aurait-il pu se passer
avant l’attaque chimique ? Ou bien, s’ils n’ont pas été tués, d’où sont-ils
venus ? Qui sont leurs parents ? Comment se fait-il qu’on ne voit aucun corps de
filles parmi tous ces enfants qu’on nous dit morts ? Je ne dis pas qu’aucun
agent chimique n’a été utilisé dans cette zone, on en a certainement utilisé.
Mais j’insiste : cette séquence qui est maintenant colportée comme
preuve, a été fabriquée à l’avance
. Je l’ai étudiée méticuleusement et
je soumettrai mon rapport à la Commission des droits de l’Homme des Nations
Unies à Genève ».

Les tribunaux islamiques des rebelles syriens

Une émission diffusée le 1er septembre :

« D’interminables interrogatoires, de la torture,
des simulacres d’exécution, des maris adultères détenus et jugés aux côtés de
voleurs et de prisonniers de guerre au nom de la Charia. C’est
le quotidien des tribunaux islamiques d’Alep, la deuxième ville de Syrie,
contrôlée aux deux tiers par la rébellion anti Bachar El-Assad. Les islamistes
de Jabhat Al-Nosra promettent de mettre fin au chaos de la guerre civile et de
rétablir l’ordre et la sécurité. Pour la première fois, ces djihadistes affiliés
à Al-Qaïda ont accepté une caméra dans leurs tribunaux. »

François Hollande, artisan du « chaos constructif »

Diplomate de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au
Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses
instances internationales. Il vient d’adresser une lettre ironique à François Hollande sur la crise syrienne.
Extraits :

« Lorsque cette mission humanitaire sera terminée
et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui
mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir
contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif »
élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en
espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du
chaos, auront  la bonté de laisser aux entreprises françaises la possibilité de
tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation
à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye.
Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands
groupes. »

Selon les services allemands, Assad aurait refusé l’utilisation d’armes
chimiques

Lu ici :

« Selon le site internet du journal allemand Bild
am Sonntag, l’armée syrienne insistait depuis plusieurs mois auprès de
Bachar el-Assad en faveur de l’utilisation d’armes chimiques
. C’est ce
qui ressort des écoutes d’un navire d’espionnage allemand, le « Oker », croisant
au large des côtes syriennes, qui avait intercepté des conversations radio de
l’armée syrienne. Selon les spécialistes allemands du renseignement, les
demandes d’autorisation d’utiliser des armes chimiques émanant de l’état-major
syrien avaient toujours été refusées. Il est donc probable que l’attaque
du 21 août dernier près de Damas n’ait pas été ordonnée personnellement par le
président syrien
. »

« Ce n’est pas le gouvernement Al-Assad qui a utilisé le gaz »

L’enseignant belge Pierre Piccinin da Prata,
kidnappé en Syrie au mois d’avril et libéré dimanche (en même temps que son
confrère italien), a indiqué que le gaz sarin n’avait pas été utilisé par le
régime de Bachar Al-Assad.

« C’est un devoir moral de le dire. Ce n’est pas
le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de
combat dans la banlieue de Damas. Nous en sommes certains suite à une
conversation que nous avons surprise
. Même s’il m’en coûte de le dire
parce que depuis mai 2012 je soutiens férocement l’armée syrienne libre dans sa
juste lutte pour la démocratie ».

« Cela  a été une odyssée terrifiante à travers
toute la Syrie. On a été beaucoup déplacé à de nombreux moments dans de nombreux
endroits. Et disons qu’à certains moments on s’est retrouvé avec des groupes. Ce
n’était pas toujours le même groupe qui nous détenait, avec des groupes
très violents, très anti-occidentaux et des islamistes anti-chrétiens. Cela a
été parfois des violences physiques très dures
« 

 

 

Extrait de l’analyse du Centre Français de Recherche sur le Renseignement :

« A l’occasion cet imbroglio politico-médiatique
dans lequel ses intérêts stratégiques ne sont pas en jeu, le
gouvernement français mène une politique incompréhensible pour nos concitoyens
comme pour l’étranger.

Depuis deux ans, la France, par le biais de ses
services spéciaux, – comme d’ailleurs les Américains, les Britanniques et les
Turcs – entraîne les rebelles syriens et leur fournit une assistance
logistique et technique
, laissant l’Arabie saoudite et le Qatar les
approvisionner en armes et en munitions.

Ainsi, la situation syrienne place la France
devant ses contradictions. Nous luttons contre les djihadistes au Mali,
après les avoir aidés à prendre le pouvoir à Tripoli
– en raison de
l’intervention inconsidérée de l’OTAN en Libye, en 2011, dans laquelle Paris a
joué un rôle clé – et continuons de les soutenir en Syrie, en dépit du bon sens.
Certes le régime de Bachar Al-Assad n’est pas un modèle de démocratie et il
servait clairement les intérêts de la minorité alaouite, mais il est infiniment
plus « libéral » que les monarchies wahhabites : la Syrie est un Etat laïque où
la liberté religieuse existe et où le statut de la femme est respecté. De plus,
il convient de rappeler que Damas a participé activement à la lutte contre
Al-Qaïda depuis 2002. Pourtant, nous continuons d’être alliés à l’Arabie
saoudite et au Qatar, deux Etats parmi les plus réactionnaires du monde
arabo-musulman, qui, après avoir engendré et appuyé Ben Laden, soutiennent les
groupes salafistes partout dans le monde, y compris dans nos banlieues
.
Certes, notre soutien aux agendas saoudien et qatari se nourrit sans nul doute
de l’espoir de quelques contrats d’armement ou pétroliers, ou de prêts
financiers pour résoudre une crise que nos gouvernants semblent incapables de
juguler.

Une question mérite donc d’être posée :
la France a-t-elle encore une politique étrangère ou fait-elle celle du Qatar,
de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis ?
Depuis la présidence de
Nicolas Sarkozy la France aligne ses positions internationales sur celles des
Etats-Unis et a perdu, de ce fait, l’énorme capital de sympathie que la
politique du général de Gaulle – non ingérence dans les affaires intérieures des
Etats et défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes – lui avait
constitué.

Si les élections de mai 2012 ont amené un nouveau
président, la politique étrangère n’a pas changé. En fait, nous observons depuis
plusieurs années la conversion progressive d’une partie des élites françaises  -
de droite comme de gauche – aux thèses néoconservatrices américaines :
supériorité de l’Occident, néocolonialisme, ordre moral, apologie de l’emploi de
la force …

Surtout, un fait nouveau doit être mis en
lumière : la tentative maladroite des plus hautes autorités de l’Etat de
manipuler la production des services de renseignement afin d’influer sur
l’opinion publique et de provoquer un vote favorable des
parlementaires
. Ce type de manœuvre avait été conduit par Washington et
Londres afin de justifier l’invasion de l’Irak en 2003, avant d’être dénoncé.
Onze ans plus tard, le gouvernement recourt au même artifice grossier et éculé
pour justifier ses choix diplomatiques et militaires. Compte tenu de la
faiblesse des arguments présentés dans la note gouvernementale – qui n’est pas,
rappelons-le, une note des services -, celle-ci ne sera d’aucune influence sur
la presse et l’opinion. En revanche, par sa présentation, elle contribue à
décrédibiliser le travail des services de renseignement, manipulés à leur insu
dans cette affaire.

Le mépris des politiques français à l’égard des
services est connu. Est-ce un hasard si cette affaire survient alors que
l’actuel ministre des Affaires étrangères est celui-là même qui, en 1985, alors
qu’il était chef du gouvernement, a fort élégamment « ouvert le parapluie »,
clamant son absence de responsabilité à l’occasion de l’affaire du Rainbow
Warrior
?

Une chose au moins est sûre : une remise à plat
de notre position à l’égard de la Syrie et de notre politique étrangère
s’impose, car « errare humanum est, perseverare
diabolicum
». »